Le johannis de Chamoson

Avec plus de 70 ha, Chamoson dispose des surfaces de sylvaner les plus importantes du Valais (32% des plantations).
Une fois vinifié, le Sylvaner devient le Johannisberg ou Johannis.
Au-delà de l'importance quantitative de ce cépage pour la commune, le terroir de Chamoson produit des Johannis de qualité dont la réputation s'est construite depuis le début du XXe siècle.

On le repère dans le vignoble à sa feuille ronde et à sa grappe compacte, aux grains verts ponctués de brun. Sous nos latitudes, on l’appelle communément Johannis.
Le Johannisberg est mentionné en Valais pour la première fois en 1862. Il désigne alors le Riesling. Son nom provient certainement du Schloss Johannisberg, le plus vieux domaine de Riesling du monde, situé en Allemagne sur les bords du Rhin. Le Blanc du Rhin apparaît à la même époque et correspond au Sylvaner. Dès 1928, l’usage courant inverse les données et ces deux blancs échangent leurs identités. Les spécialistes s’en offusquent, mais sont contraints de se plier à l’usage. Depuis cette époque en Valais, le nom de Johannisberg s’applique exclusivement au Sylvaner (le Rhin).

Le Johannisberg est le cru emblématique de Chamoson.
Son terroir est particulièrement adapté au Sylvaner et donne naissance à des vins fins, musclés, empreints d’une petite touche caractéristique d’amande. Le Johannis présente une belle complexité aromatique et un excellent
potentiel de garde, au-delà de vingt ans. Compagnon traditionnel de l’asperge, autre délicatesse valaisanne, il est l’un des quatre cépages élevés à Chamoson à pouvoir prétendre à la dénomination de Grand Cru, avec l’Arvine, le Pinot Noir et la Syrah.

Le Conservatoire du Johannis

La Fondation l’Homme et le Vin souhaite mettre en valeur ce vin par la constitution d’un “conservatoire” afin de démontrer le potentiel de garde de ce vin.
Des Johannisberg de chaque millésime sont dégustés et conservés dans des conditions optimales.
Ces vins seront ensuite ouverts lors d’événements ou de dégustations de prestige. 

Un grand johannisberg, c’est comment ?

Gras, ample, sec, avec des notes d’amandes douces
grillées et/ou amères, de la minéralité,
des touches de silex…

Marie Linder